L'amour n'a pas d'âge, le plaisir non plus : brisons les tabous !

Publié le 11 décembre 2025 par Céline Candillier

 L’amour n’a pas d’âge, le plaisir non plus : Brisons les tabous !

La vie affective et intime ne s'arrête pas à 60 ans. Pourtant, on en parle si peu. Et si nous changions cela ?

Quand on évoque le bien-vieillir, on pense spontanément à la santé physique, au maintien de l'autonomie, à une alimentation équilibrée. Mais qu'en est-il de notre vie affective et intime ? Cette dimension essentielle de notre humanité semble disparaître des conversations dès lors qu'on parle des seniors. Comme si, passé un certain âge, l'amour, le désir et la tendresse n'avaient plus leur place.

C'est faux. Et il est temps de le dire haut et fort.

Le désir ne disparaît pas, il se transforme

Contrairement aux idées reçues, le désir ne s'évapore pas avec les années. Il évolue, se métamorphose. Moins impulsif qu'à 20 ans, certes, mais souvent plus profond, plus tendre, plus authentique. L'intimité à l'âge mûr privilégie la qualité sur la quantité, la complicité sur la performance.

Et ce n'est pas qu'une question de ressenti : la science le confirme. Maintenir une vie affective épanouie renforce notre système immunitaire, diminue la tension artérielle, réduit l'anxiété et protège contre l'isolement social. En d'autres termes : aimer, c'est bon pour la santé !

Quand le corps change : comprendre et s'adapter

Oui, le corps vieillit. Oui, les hormones jouent au yo-yo. Mais non, ce n'est pas une fatalité.

Pour les femmes, la ménopause apporte son lot de changements : sécheresse vaginale, atrophie des muqueuses, bouffées de chaleur. Heureusement, des solutions existent : lubrifiants, traitement hormonal substitutif, œstrogènes locaux, exercices du périnée. Le secret ? Ne pas rester dans le silence et en parler à son gynécologue.

Pour les hommes, l'andropause se manifeste plus progressivement : baisse de libido, troubles de l'érection, fatigue. Là aussi, des traitements sont disponibles : testostérone, médicaments pour l'érection, activité physique régulière.

Et puis il y a les médicaments. Antihypertenseurs, antidépresseurs, traitements pour la prostate... nombreux sont ceux qui impactent notre vie intime. L'erreur serait de se taire. Parlez-en à votre médecin : des alternatives existent souvent.

Le couple à la retraite : nouveau départ ou point de rupture ?

Savez-vous que plus de 25% des divorces concernent aujourd'hui les plus de 50 ans ? On appelle cela le "divorce gris", et la retraite en est souvent le déclencheur.

Pourquoi ? Parce que se retrouver 24h/24 après des années rythmées par le travail, c'est un choc. Les non-dits accumulés pendant des décennies remontent à la surface. Les rôles doivent être redéfinis. Les attentes divergent : l'un rêve de repos, l'autre d'aventures.

La solution ? Communiquer. Encore et toujours. Créer des rituels de parole (le café du matin, une promenade quotidienne), utiliser le "je" plutôt que le "tu" accusateur, écouter vraiment l'autre, exprimer sa gratitude. Et ne pas hésiter à consulter un thérapeute de couple si les tensions persistent.

Quand l'amour devient aidance

Un sujet encore plus délicat : que se passe-t-il quand l'un des conjoints devient dépendant et que l'autre endosse le rôle d'aidant ?

La relation se transforme profondément. La dimension amoureuse peut s'effacer derrière les soins quotidiens, la fatigue, l'épuisement. L'intimité disparaît. La frustration s'installe, accompagnée de son cortège de culpabilité.

Dans ces situations extrêmes, le risque de tensions augmente. Il est crucial de ne pas rester seul. Faites appel à des services d'aide à domicile, rejoignez des groupes de soutien pour aidants, prenez du répit.

Après le veuvage : s'autoriser à aimer à nouveau

Perdre son conjoint après des décennies de vie commune, c'est voir s'effondrer une partie de soi. L'idée de s'ouvrir à nouveau à l'amour peut sembler impossible, voire indécente.

Et pourtant.

Se réautoriser à aimer n'efface pas l'amour passé. Ce n'est pas une trahison. C'est honorer la vie et sa propre capacité d'amour.

Le chemin est progressif : accepter le deuil à son rythme, se reconnecter à son corps et à ses sensations, faire la paix avec la solitude, puis s'ouvrir doucement aux rencontres. Aujourd'hui, les outils ne manquent pas : sites de rencontre dédiés aux seniors, clubs, associations, voyages organisés, ateliers.

Et maintenant ?

L'amour, l'intimité, le désir : ce sont des besoins humains fondamentaux qui ne s'éteignent pas avec les bougies d'anniversaire. Ils se transforment, s'adaptent, parfois se réinventent.

Alors oui, le corps change. Oui, les circonstances évoluent. Mais non, il n'est pas trop tard. Jamais trop tard pour communiquer, pour s'autoriser à aimer, pour préserver son intimité, pour demander de l'aide.

Vous méritez d'être heureux, respecté et aimé. À tout âge.

Qui suis-je ? 

Céline Candillier, fondatrice d'Always Valentines, site internet qui accompagne les seniors dans leur vie affective et intime et qui œuvre pour briser les tabous autour de l'amour et de la sexualité à tout âge, avec bienveillance et professionnalisme.

Vous pourrez nous retrouver sur le Salon des Seniors de Paris, notamment lors de ma prise de parole. 

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